Si l’idée qui tue était votre startup ? Une Interview de Nicolas Bordas

Nous avons rencontré Nicolas Bordas, Vice-Président de TBWAEurope et Président de BEING Worldwide. L’auteur de « L’idée qui tue » (sous titré «Politique, business, culture… Les secrets des idées qui durent») nous éclaire sur les conditions d’émergence des idées, et tout ce qui fait qu’une idée peut réussir ou échouer.

L’idée qui tue, c’est une réflexion sur la manière dont les idées naissent, vivent et se développent que l’on peut résumer en 10 commandements s’adressant aux entrepreneurs qui n’ont pas le temps d’apprendre à communiquer :

Comment mener son idée jusqu’au bout en prenant en compte chacun de ces commandements (et pour en savoir plus, nous ne pouvons que vous recommander de lire le livre dans sa totalité !):

 

  • Le contexte

Les idées ont tout à gagner en profitant du contexte dans lequel elles évoluent . Il faut donc analyser en permanence l ‘environnement culturel et concurrentiel pour pouvoir profiter des courants porteurs, et éviter les vents défavorables.  Exemple : comment profiter du phénomène des réseaux sociaux pour augmenter la diffusion de votre idée ?

 

  • La valeur subversive de l’idée 

La force d’une idée est dans sa valeur subversive, c’est à dire dans ce qu’elle change, dans l’opinion qu’elle modifie, ou dans l’idée reçue qu’elle tue (d’où le titre du livre « L’idée qui tue »).  On a tout à gagner en approfondissant la compréhension de ce que son idée change ou transforme.  Les grandes marques sont celles qui ont su comprendre et formuler la nature du changement qu’elles ont créé. Exemple : Apple a transformé notre rapport à la technologie en décrétant que la machine devait être au service de la créativité de l’homme et non l’inverse !

 

  • Le porte parole 

Pour faciliter et accélérer l’émergence d’une idée, on a tout à gagner à trouver de bons porte-paroles, des ambassadeurs qui vont porter l’idée. Le créateur de l’entreprise n’est pas toujours le meilleur porte-parole possible. Exemple : le succès de Nike s’est moins incarné au travers de son fondateur, qu’au travers des sportifs qui en sont devenus les ambassadeurs.

  • Le lancement de l’idée 

Comme disent les anglo-saxons : « on n’a jamais deux fois l’occasion de faire une première bonne impression ».  Il est très important de se poser la question du meilleur moyen pour la première apparition de son idée en choisissant le lieu et le moment les plus propices. A l’exemple de Richard Branson, qui est passé maitre dans l’art de lancer ses idées sous la marque Virgin de manière événementielle.

 

  • Le nom et le choc de la formule

Logiquement, Steve Jobs et Steve Wozniak auraient pu appeler leur entreprise de leurs initiales SJSW pour concurrencer IBM. Mais Apple est un bien meilleur nom. De même, France Telecom a fini par devenir Orange. Un nom est une opportunité de communication. C’est ce qu’il faut se dire quand on cherche le nom de son entreprise, de son produit ou de son service. Synthétiser son positionnement dans une formule est aussi un facteur clé de succès à l’exemple du « Think Different » d’Apple ou du « Just do It » de Nike ! Beaucoup de startups ne réfléchissent pas assez à leur communication dès le départ, et se retrouvent par exemple, avec des noms trop français si elles veulent se déployer un jour à l’international !

 

  • Les images et la force symbolique

Apple a sa pomme, Nike a son « swoosh », Michelin son « Bibendum ». Les idées ont intérêt à pouvoir s’exprimer d’une manière visuelle pour pouvoir mieux se diffuser à l’international et sur les réseaux sociaux. On peut aussi associer à son innovation un territoire visuel fort pour son construire une identité spécifique reconnaissable.

 

  • Le Story Telling

Que dire et surtout comment le dire ? Les marques & les startups ont l’opportunité d’exploiter le storytelling en définissant la manière de raconter leur histoire.  Tout créateur a généralement comme moteur, sa soif de changer les choses. Le storytelling est un choix que chaque entrepreneur peut avoir, l’histoire qu’on doit raconter devant être crédible et fondée sur la vérité du produit, du service et de l’entreprise. La philosophie de la marque passe par la bonne narration de l’histoire.

 

  • Les preuves tangibles 

Il en va des idées comme de l’amour : pour durer, elles ont besoin de preuves renouvelées. Il faut stimuler l’envie de croire à la fois par des preuves concrètes (« reason why ») ou des arguments probants (« reason to believe »), en sachant en permanence renouveler son offre par des innovations en ligne avec le projet de la marque.

  

  • Privilégier les médias gratuits et entretenir ses réseaux

Il y a dix ans, en dehors de la publicité grands médias (TV, presse, radio, affichage, cinéma), il n’y avait que les reslations presse qui pouvaient être des « accélérateurs » de notoriété. Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, il y a des leviers qui permettent de faire connaître et reconnaître les idées ! Avec les réseaux sociaux une bonne idée peut percer sans investissement média importants. Il faut encourager l’usage de Twitter qui est un média de relai d’information exceptionnelle. C’est la raison pour laquelle j’ai créé le TweetBosses, un compte Twitter qui retweete les tweets des « meilleurs boss ». Ce compte existe pour encourager les patrons à tweeter et tirer les meilleurs bénéfices que twitter peut leur apporter tels que :

– Outils de veille, Twitter permet de s’informer et suivre les meilleurs influenceurs, journalistes et experts d’une thématique donnée.

– Outil de mise en contact avec les journalistes,

– Outil de prospection permettant également de communiquer avec ses clients

Twitter offre une capacité de se connecter avec des gens qu’il serait difficile d’atteindre dans la vie. Les entrepreneurs ont l’avantage de discuter avec leur cible sans intermédiaires. C’est un formidable moyen de mise en relation !

  

  • Se différencier, la clé du succès ?

Réussir sa startup c’est non seulement avoir une offre qui résout un problème  en offrant un bénéfice objectif, mais aussi une marque qui crée un attachement subjectif. Il faut maximiser la diférence produit/marque. On est dans un monde où tout peut se copier facilement, car la globalisation accélère l’information. La valeur de l’idée conjuguée à un nom, une identité visuelle, un symbole et un message forts à véhiculer  créent une différence qui empêche d’être copié.

  

  • Aujourd’hui en France …

La culture de l’échec n’est pas la même qu’aux Etats Unis, où l’échec est synonyme d’expériences et se révèle positive, alors qu’en France il est difficile de se relever d’un échec.  Il faut encourager les startups et les petites entreprises par tous les moyens. Nous avons tous les atouts pour réussir, mais il faut créer une culture favorable.

 

  • Et si c’était le mot de la fin ?

 Les entrepreneurs ont tout à gagner à être des Branson, Jobs & cie, à communiquer !

« Chacun est responsable de sa page Google »

 

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Eddina

Eddina

Social Media & R.P Strategist
Communicante amoureuse des startups ! N'est pas à côté de la plaque, c'est la plaque qui l'est !
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