Michael Goldman, de l’entrepreneuriat au crowdfunding.

Michael Goldman

Leader du financement participatif en Europe avec My Major Company, Michael Goldman revient sur sa success story, celui qui sourcille quand on le qualifie « d’entrepreneur rebelle » et nous recadre avec une incroyable humilité « il est toujours plus facile d’être rebelle quand on est « bien né » répond à nos effronteries.

Comment devient-on jeune entrepreneur aujourd’hui ?

« Je savais qu’il fallait que je monte ma boite plus par contrainte, car depuis toujours j’ai eu du mal à suivre les ordres d’autrui. Dans ma vie personnelle, je savais qu’il fallait que je sois mon propre patron. Je suis alors parti de BMG (directeur artistique junior) pour monter Bamago avec Anthony Marciano et Sevan Barsikian. J’ai toujours aimé faire les choses à mon rythme. Par exemple, pour le bac j’avais acheté mes propres livres pour pouvoir apprendre par moi même, à mon rythme. »

 

Dans le milieu musical il est difficile de trouver du financement pour la production surtout lorsque l’on est un label indépendant, qu’en était-il pour Bamago ? 

« Effectivement nous étions à l’époque dans une situation où l’on ramait avec Bamago, c’était très compliqué, nous étions trois et on ne se « salariait » pas.
On s’est heurté au principal obstacle : les maisons de disque étaient un passage obligatoire pour exister dans ce métier. Pour pouvoir vivre professionnellement, il fallait alors convaincre un D.A., pour produire et avancer.

Nous étions donc partis de BMG pour acheter notre liberté, en devenant indépendant. Finalement nous nous sommes retrouvés dans une nouvelle prison encore moins confortable.
Par conséquent, on s’est dit que grâce au financement participatif, on trouverait des moyens de financement en restant indépendant. »

 

C’était l’opportunité pour lancer My Major Company?MyMajorCompany - marcom startup

«L’opportunité, avec beaucoup de recul, c’est juste internet en général. L’impulsion est partie d’un site allemand Sell A Band, le premier du genre, basé sur le financement participatif. Nous avons trouvé l’idée géniale.

C’est la communauté de l’artiste ou du porteur de projet qui joue le rôle de directeur artistique et d’internautes producteurs.
Avec le temps, le modèle a cartonné et aussi montré ses limites avec 40 artistes à produire le label peut avoir du mal à les sortir (un label classique produit en moyenne 4 a 5 nouveaux artistes par an). »

 

My Major Company est aujourd’hui une plate-forme de financement généraliste, comment en arrive-t’on à ce stade là ?

« D’autres secteurs nous ont approchés pour différents projets comme la BD, le cinéma ou la restauration de monuments.
Nous avons tout naturellement ouvert notre plateforme à d’autres projets sous l’impulsion de « Kickstarter», plateforme de financement participatif généraliste.
My Major Company s’est alors diversifiée mais la musique reste la base même du financement participatif, ça reste le plus gros secteur d’investissement. »

Votre dernier projet Tipeee permet aux internautes de soutenir un créateur de contenu en ligne au travers de pourboires sans contrepartie, pouvez-vous nous en dire un peu plus?

Tipeee, crowdfunding

« Le pourboire est un outil réellement adapté à la philosophie d’internet car les contenus doivent rester gratuits mais les créateurs doivent pouvoir en vivre.
Quand un artiste remplit un stade de France, on parle de star internationale alors que sur internet il y a des créateurs qui remplissent plusieurs stades à chaque contenu et qui n’en vivent pas. »

Vous offrez alors une alternative à la rémunération par la publicité?

« Le problème est que la publicité est très inégale sur internet, elle recherche une certaine typologie de créateurs qui proposent plus ou moins la même chose pour la même cible. (12-16 ans)

Pour nous la philosophie du « tips » est totalement à contre-pied de celle de la publicité, car à travers le « tips » les internautes récompensent la qualité du contenu et non le nombre de vues. Pour la publicité le contenu n’existe pas, elle ne voit que le nombre de vues.

En gros un chat qui pète sur internet peut faire 8 millions de vues alors qu’à côté un créateur comme Doxa proposant des vidéos autour de la philosophie aura plus de mal à se rémunérer avec la publicité alors sa communauté se dit, lui il a une démarche intéressante, j’ai envie de l’aider au travers du « tips », un peu comme un musicien dans un restaurant.
Du coup grâce à Tipeee, il peut recevoir 300 à 400€ par mois pour ses futurs contenus.

Un autre exemple : Durendal réalise des vidéos de critique de film, a collecté 2300 € en quelques jours pour son prochain projet. Une aubaine pour lui qui ne pouvait plus monétiser ses contenus sur Youtube à cause des droits d’auteur.

L’objectif de Tipeee est d’offrir la possibilité aux youtubeurs et autres créateurs de contenus de se professionnaliser grâce à leur communauté. »

 

MarCom Startup pense se lancer dans l’aventure Tipeee et vous ?