France Digitale, l’engrais à champions du numérique

Née en 2012, France Digitale est la volonté de remédier à la méconnaissance des opportunités économiques et sociales de l’écosystème numérique. La célèbre association a joué le jeu de l’effronté, c’est l’interview de la semaine.

Quelles sont les propositions et initiatives prises par France Digitale ? Hormis la création d’événements destinée à valoriser et renforcer la communauté entrepreneuriale, comment France Digitale oeuvre-t-elle pour faire émerger cet écosystème ? 

« C’est vrai que les événements représentent une partie significative des actions de France Digitale car ils nous permettent de mobiliser les talents qui font la révolution du numérique, mais également d’attirer l’attention des politiques et des medias.

Nous travaillons par ailleurs en lien direct avec différents niveaux de pouvoir :

– au niveau local, nous allons annoncer une action de long terme avec les élus,

– au niveau national, nous avons, grâce au travail de Marie Ekeland, notre co-Présidente, lors des Assises de l’Entrepreneuriat en 2013 contribué à pleinement à la réforme du régime fiscal des entrepreneurs. Cette année, nous travaillerons, sous l’impulsion d’Olivier Mathiot, co-Président, sur le sujet de l’actionnariat salarié.

– enfin au niveau Européen, nous sommes devenus un des partenaires de références de l’initiative StartupEurope de la Commission Européenne. Chez nous, Taro UGEN vient de terminer un tour d’Europe des écosystèmes de financement dont nous rendrons le rapport au mois de juin à la Commission. Notre mission est de recommander les bons leviers d’action pour augmenter les capitaux déployés sur les startups du numérique . Nous organisons d’ailleurs une session de travail pendant le France Digitale Day 2 où seront réunis les 50 fonds de capital risque internationaux les plus actifs en Europe. »

L’association regroupe aussi bien des startups que des business angels, comptent elle parmi ces adhérents des acteurs de l’accompagnement tels que des accélérateurs ? Incubateurs? …
« Oui, et nous comptons aussi des structures de capital-risque, qui sont avec les entrepreneurs les créateurs historiques de l’association. En ce qui concerne les incubateurs, nous nous connaissons presque tous et nous travaillons plus étroitement avec TheFamily, Axeleo, 50Partners, Le Camping et Prine à Paris. De plus, pour ne pas être Paris Digitale, nous avons le plaisir de trouver de très importants relais dans plus de 14 régions, ce qui nous permet de gagner en force et en légitimité. »

France Digitale a-t-elle vocation à devenir une marketplace ?

« Non pas du tout ! France Digitale a un rôle politique et porte la cause de l’entrepreneuriat du numérique. L’association doit, pour ses membres, se vivre comme une vraie implication en faveur de l’écosystème. On est à l’opposé d’un club d’affaires. »

Comment France Digitale a-t-elle été créditée de lobby auprès d’organismes et institutions influents? 

« Je fais attention au mot lobby car sa compréhension en France est négative : on y attribue spontanément des combats corporatistes et des acteurs qui ne font que se braquer et ne proposent pas grand chose. Or France Digitale est plus un think et un do tank : nous construisons l’écosystème et le renforçons plus que nous le défendons, même si pour le grand public ce n’est pas toujours le plus visible. Mais ce qui nous a permis de devenir des interlocuteurs incontournables et respectés du gouvernement, c’est principalement dû au fait que nous ne sommes pas partisans et que toutes nos recommandations sont chiffrées et s’appuient sur des informations toutes tirées du terrain, à l’exemple du baromêtre EY. »

Qui sont les fondateurs ?
« Ils sont 33 ! Le nombre a aussi fait la force, tous entrepreneurs ou investisseurs. »

Aujourd’hui, que manque-t-il à la France pour devenir Championne de l’entrepreneuriat numérique?

« Très vaste question, mais pour nous 3 éléments reviennent quand même assez souvent :

– Il est nécessaire de rediriger l’épargne salariale vers l’innovation. En France, nous avons un grand nombre d’excellents entrepreneurs qui sont servis par trop peu de capitaux. Pourtant le capital est l’unique moyen de financement de l’entrepreneur du numérique qui n’a pas accès à la dette bancaire. C’est notre culture réticente au risque qui conduit les gestionnaires d’épargne comme les assureurs à se désintéresser des actions et donc, du seul moyen de financer l’innovation et la croissance à long-terme. Le résultat de tout cela ? Un marché fortement subventionné par le domaine public. Nous saluons d’ailleurs à ce titre l’action de Bpi France qui offre un soutien important au secteur de manière assez unique en Europe.

– les relations encore trop balbutiantes entre grands groupes et startups : les grands groupes ont besoin de la capacité d’innovation des startups mais ne savent pas toujours quelle valeur leur offrir en échange, quand les startups voient parfois d’un mauvais œil le rapprochement avec des entreprises aux tailles et pouvoirs bien supérieurs.

– l’international ! Nous ne disons pas que toutes les startups dans tous les secteurs dès le début devraient  avoir des ambitions internationales, mais il reste cependant que nous sommes encore faibles sur ce point-là. Nous pensons souvent que pour un démarrage le marché national suffit. Or quand il faut passer à l’échelon supérieur et passer à l’anglais sur sa communication, ses contrats et contacts et même sa comm’ interne, cela prend beaucoup de temps. »

Comment rejoint-on France Digitale, est-ce elle qui nous choisit ou nous ?

« Cela fonctionne dans les deux sens ! Venez, on est bien chez France Digitale ! »

Dans les faits l’association est-elle vraiment accessible à tous ?
« Elle est accessible à toutes les startups du numériques (ie celles qui ont un modèle économique scalable), ainsi que tous les investisseurs, qu’ils soient capitaux-risqueurs ou business angels. Pour les autres structures (agences, cabinets, grands groupes), nous établissons des partenariats à la carte. »

Etes-vous partenaire de Google qui finance une partie de l’adhésion si les conditions le permettent ? Qu’est-ce qu’un partenaire stratégique de France Digitale ?

« Oui exactement.  Google fait partie de nos partenaires stratégiques. Nous en restons pas moins totalement indépendants et la porte est grand ouverte à tout le monde. »

Sarah Estève, CEO de Dehorslespetits, startup basée à Montpellier, est devenue ambassadrice de France Digitale, est-ce une volonté récente de la part de l’association de se développer à l’échelle nationale ? Vos événements seront-ils déployés dans toute la France ?

« Oui, c’est fondamental. Nous n’avons pas pour mission de représenter seulement l’écosystème parisien. France Digitale se nourrit et renforce les initiatives locales. Nous sommes par exemple très fier d’apporter notre nom et notre visibilité aux événements qu’organise Sarah, le Feedback My Lunch le 16 Mai passé et au 27 Mai prochain le Growth Hack My Lunch. C’est grâce à ces ambassadeurs engagés que notre action peut vivre et se pérenniser. »

Dans quelques jours MarCom Startup reviendra sur France Digitale Day 2, l’événement de l’année ! On attendant, on ne peut que vous recommander de faire un tour sur le site de France Digitale: www.francedigitale.org

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Eddina

Eddina

Social Media & R.P Strategist
Communicante amoureuse des startups ! N'est pas à côté de la plaque, c'est la plaque qui l'est !