Etre DG d’une startup cleantech

Tribune d’Emmanuel PETIOT, DG de DEINOVE depuis janvier 2013

Avant de prendre la direction générale de DEINOVE en janvier 2013, Emmanuel PETIOT a eu un impressionnant parcours qui en ferait pâlir plus d’un!

Un homme qui a toujours eu envie de travailler dans l’industrie.

Apres avoir obtenu un double diplôme (EDHEC et Ecole Centrale de Paris en 3ème cycle), il a travaillé pour Air Liquide, dans le Sud de la France, en Ecosse et en Allemagne. Par la suite, il a intégré Dow Chemical à Paris, le numéro 2 mondial de la chimie, avant de rejoindre NOVOZYMES, leader de la fabrication d’enzymes et micro-organismes pendant près de 10 ans. Il y aura travaillé pendant 7-8 ans dans le secteur des biocarburants, en faisant 5 années aux Etats-Unis. Dans son dernier poste, il était Directeur Commercial.

Il se confie à Marcom Startup sur la fonction de Directeur Général d’une startup française au coeur des technologies porteuses d’avenir, Deinove.

logo deinove

Comment devient-on DG d’une startup comme Deinove?

« L’année dernière, le président de DEINOVE m’a contacté pour le poste de Directeur Général. J’ai hésité, car je gérais alors un budget de 600 millions de dollars pour un grand groupe. Le saut n’est pas évident, il me fallait alors gérer un solde négatif de 5 millions d’euros.

Il faut être un peu fou, prendre des risques ! Ce n’est pas pareil chez DEINOVE et dans un grand groupe aux Etats-Unis. Il faut aussi vouloir continuer à apprendre! Je continue à apprendre, et c’est fondamental! »

Quelles sont les trois différences entre le poste de DG d’une grosse entreprise, et celui de DG d’une startup?

« La première, c’est le risque.

La deuxième c’est que même avec un poste senior, on a plus de difficultés à orienter la stratégie. Ici, toute décision a directement un impact du jour au lendemain sur les 45 personnes qui travaillent pour la startup.

 Enfin, on est beaucoup plus responsabilisé. Il faut être omnipotent, fort sur tous les plans ou s’appuyer sur quelqu’un de fort pour la partie financière, légale (qui est très importante), pour la recherche et les brevets et la communication, et le développement commercial. Ce sont des compétences que l’on doit réunir et maîtriser! Alors que dans un grand groupe, on peut toujours compter sur d’autres personnes ou groupes! »

La startup était-elle un choix?

 « Au départ, on peut le voir comme une opportunité, mais elle est vite devenue un choix, puisque j’ai dit « NON »  quatre fois et ça a duré 6 mois. Et finalement, j ai dit oui.

Certes je ne suis pas allé chercher le poste, j’étais aux Etats-Unis et loin de moi était l’idée de revenir en France, dans le Sud! Donc oui, la startup a été un véritable choix! »

Comment définiriez-vous l’aventure Startup?

« C’est un un défi de tous les jours! C’est le risque, c’est prendre des paris quotidiens et les gérer! »

Avez vous des conseils à donner aux futurs DG de startup du même secteur?

« Ne jamais écouter ce qu’on leur dit! Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai… Mais c’est: Ne pas écouter les 50 personnes qui, tous les jours vous disent de ne pas faire ci, et ne pas faire ça, pour chacune des décisions à prendre. Sinon ils n’iront nulle part, il faut qu’ils y croient en eux, en la startup et qu’ils le fassent.

C’est simple, mais comme nous le dit notre président, il existe deux manières de se lever le matin: Avec un grand sourire ou sans grand sourire! Il faut choisir! C’est représentatif de ce que sont les aventures Startup et PME: il faut croire et il faut se lancer! »

Un coup de gueule peut-être?

 « Le manque d’esprit collaboratif en France. Il y a beaucoup d’esprits de chapelle, chacun travaille dans son coin. Il est donc difficile de créer de la valeur. Difficile de faire en sorte que 1+1 = plus de 2. En général ça fait 1,2 ou 1,4…  Ce n’est pas normal, ça devrait faire 2,5! Aujourd’hui, les gens sont amorphes et désolés par avance… il faut se bouger! »

Un coup de coeur?

Oui, pour ceux qui prennent des risques, comme Truffle Capital, investisseur historique, et fondateur de DEINOVE.  C’est eux qui ont investi dans CARMAT, le coeur artificiel qui fait parler de lui ces derniers temps. Donc mon coup de coeur est pour ceux qui prennent des risques et savent les gérer, à la place de ceux qui devraient les prendre… Comme certains grands groupes. Ce n’est pas le cas pour tous, mais aujourd’hui on préfère assurer ses arrières que prendre des risques: Ils attendent que les risques soient pris par les autres, les startups et les PME…

Aujourd’hui, chez DEINOVE nous devons construire une usine pilote. On est obligé de le faire, sinon on n est pas marketable, pas considéré comme étant Bankable… C’est à nous d’en assumer le risque! »

Un petit mot pour les startupers?

 « Prenez des risques mesurés et conscients! Never ever give up! »

Un grand merci M.PETIOT!

 

 

1 comments
pwak
pwak

Mr Petiot donne envie de travailler pour lui.