Business Angels & Crowdfunding, amis ou ennemis?

Pour travailler avec des startups, on le sait, il faut être passionné! Pourquoi? Parce que c’est une prise de risques. Il faut aimer le risque! Pourtant, c’est une merveilleuse aventure, sinon comment expliqueriez-vous que les structures d’investissements soient aussi nombreuses et utiles?

Concentrons-nous d’abord sur les Business Angels et le Crowdfunding!

Les Business Angels, des « anges d’affaires », sont des amoureux de l’aventure entrepreneuriale qui investissent leur argent personnel, leur patrimoine, dans des startups aux concepts novateurs!

Le crowdfunding est une technique de financement, qui consiste à solliciter la « foule » via internet dans le but d’obtenir un don, un prêt ou d’avoir une entrée de capitaux propres. Focalisons nous sur ce dernier type d’investissement: L’internaute finance une partie d’un projet d’entreprise et reçoit en contrepartie des parts du capital. L’internaute investisseur devient donc actionnaire.

Donc Business Angels = Crowdfunding ? Et bien, pas tout à fait! Il y a déjà sept différences majeures entre les deux pratiques:

1)La manière de présenter le projet
Lorsque l’on demande aux Business Angels d’investir, le projet est présenté en face à face, à une ou plusieurs personnes. S’en suivent les questions des Business Angels.
Pour le crowdfunding, la situation est différente: la présentation du projet se fait sur une plateforme en ligne.

2) La négociation: Parlons business
Si avec les Business Angels le montant des investissements peut se négocier, c’est extrêmement rare dans le cadre du crowdfunding!

3) Entre public et privé
Le crowdfunding est par essence à destination de la foule, il est donc public… Le projet le devient donc aussi dans une certaine mesure, bien que pour avoir accès aux informations confidentielles, les internautes doivent s’enregistrer sur la plateforme. Ce n’est pas le cas pour les Business Angels.

4) Le Projet, le coup de coeur
Les Business Angels investissent dans des projets innovants à fort potentiel. Ils y croient et voient leur potentiel. La notion de retour sur investissement est importante.
Les internautes qui investissent dans une entreprise, n’investissent pas forcément dans une entreprise innovante, mais fonctionnent plutôt au « coup de coeur »: ils veulent aider et participer (39% des internautes investisseurs). Le retour sur investissement joue un rôle moindre (cité dans 12% des cas).

5) L’approche
Les Business Angels intègrent l’entreprise de part leur soutien financier mais également en accompagnant ces jeunes pousses, leur apportant des conseils (Les 3C : Capital, Competences et Contacts). Leur prise de participation est minoritaire et laisse ainsi à l’entreprise la liberté dont elle a besoin. Ils s’inscrivent dans une dynamique stratégique et long terme.
Dans le cadre du crowdfunding ou plutôt du « crowdinvesting » devrait-on dire, la « levée de fond » s’effectue lorsque le montant souhaité est atteint. Chaque investisseur peut devenir acteur de son placement: conseiller, apporter expertise et réseau, si besoin est. Leur durée moyenne de participation se situe entre 3 et 8 ans, sachant que 5 années années minimum sont nécessaires pour bénéficier de déductions fiscales.

6) Les investisseursBusiness Angels
Les Business Angels s’articulent principalement autour trois profils: des cadres supérieurs ou d’anciens chefs d’entreprises qui peuvent investir entre 5000 et 200 000 € par an, des créateurs d’entreprise qui après revente peuvent investir entre 50 000 et 500 000 € et enfin une personne d’un regroupement d’investisseurs membres d’une même famille.

Ils sont seuls ou plusieurs à investir dans la société, mais ils ne sont pas nombreux pour autant et n’investissement généralement pas plus de 5 à 10% de leur capital personnel.
Pour ce qui est du profil des internautes investisseurs, il n’ y a pas de profil type mis à part le fait qu’ils ont moins de 50 ans et sont issus de toutes les CSP (source AdoctA). Le nombre moyen de participants par projet se situe entre 20 et 50. Ils sont donc plus nombreux à investir, et  deviennent volontairement les ambassadeurs du projet soutenu!

7) Les montants
Dans le cas des Business Angels, les montants peuvent s’élever de quelques milliers à plusieurs millions.
Pour ce qui est du crowdfunding, le texte actuel propose un montant maximum de 250€ de contribution par projet pour chaque internaute investisseur (leur nombre est fixé entre 20 et 150) et un montant maximal de 100 000 € financé par projet (seuil qui devrait être revu à la hausse).
Les internautes investisseurs préfèrent investir peu et prudemment.

 

Alors amis ou ennemis? Ni l’un ni l’autre. Si la recherche d’un Business Angel est un travail de longue haleine, surtout si le porteur de projet recherche de petits investissements, le crowdfunding semble être « plus rapide » et permet de récolter de sommes pas trop importantes (encore une fois, tout est relatif!). Néanmoins, une campagne « crowdfunding » nécessite tout de même des compétences en marketing et en communication dans le but de voir le financement de son projet aboutir.
Ce ne sont, a priori pas les mêmes profils, et ne semblent pas avoir les mêmes attentes quant à un investissement de son propre patrimoine. L’un comme l’autre prennent des risques en investissant, à hauteur des montants injectés. Voilà deux méthodes de financement complémentaires.

Rappelons cette règle, qui traduit d’autant plus l’amour du risque :

Sur 10 sociétés dans lesquelles on investit, 3 seront liquidées, 2 permettront un multiple de 10 ou plus, le gain sur les autres sera compris entre 1 et 3 fois.

voir aussi Le Crowdfunding, Késaco?

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